Coupe du monde 2026 : patiente et mature, l’Espagne se hisse en quarts de finale

Portée par un collectif ultra-rodé, la Roja a battu (1-0) sur le fil le Portugal de Cristiano Ronaldo, lundi 6 juillet, à Dallas, en huitièmes de finale du tournoi.

Juil 7, 2026 - 07:29
Coupe du monde 2026 : patiente et mature, l’Espagne se hisse en quarts de finale
L’Espagnol Mikel Merino après avoir marqué contre le Portugal, à Arlington (Texas), le 6 juillet 2026. THOMAS COEX/AFP

Sans briller de mille feux, l’Espagne est bel et bien l’une des grandes favorites de la Coupe du monde de football 2026. Dans l’ombre de l’équipe de France, dont la force de frappe et l’attaque de feu estomaquent actuellement les médias et les spectateurs, la « Roja » a envoyé un message clair, lundi 6 juillet, à Arlington (Texas), en périphérie de Dallas, en se qualifiant pour les quarts de finale du tournoi.

Sa victime du jour est le Portugal du vétéran Cristiano Ronaldo (41 ans), battu (0-1) sur le fil en huitièmes de finale. Le bourreau se nomme Mikel Merino, auteur du but de la délivrance dans le temps additionnel. La réalisation du milieu d’Arsenal, sur une magnifique passe en profondeur de Ferran Torres, est bien à l’image de cette sélection espagnole, patiente et capable de trouver la faille au bon moment.

Elle est aussi révélatrice de la profondeur de banc dont disposent les champions d’Europe en titre puisque tant Merino que Torres étaient entrés en jeu en seconde période. Le score aurait pu être plus large si l’avant-centre Mikel Oyarzabal n’avait pas manqué le cadre, en début de match, au terme d’un extraordinaire mouvement collectif.

Voici donc la Roja bien lancée dans sa quête d’un second sacre mondial après le titre obtenu en Afrique du Sud, en 2010. Elle affrontera, vendredi 10 juillet, à Los Angeles (Californie), le vainqueur du huitième de finale entre les Etats-Unis et la Belgique.

Son sélectionneur, Luis de la Fuente, peut savourer l’instant : malgré une entrée en lice poussive et un nul (0-0) concédé face au Cap-Vert, sa formation est montée en puissance, a imposé son jeu offensif en corrigeant (4-0) l’Arabie saoudite, en phase de poules, et l’Autriche (3-0), en seizièmes de finale. Elle n’a encaissé jusqu’alors aucun but dans le tournoi. Signe « d’une grande solidité défensive », comme l’a souligné Luis de la Fuente en conférence de presse, louant le sens du « sacrifice » de ses joueurs.

La Roja, possible adversaire des Bleus en demi-finales

Comme face au Portugal, la Roja plie mais ne rompt pas. Son sélectionneur peut s’appuyer sur un gardien talentueux et expérimenté, Unai Simon, déterminant, lundi, contre la Seleçao das Quinas. La solidité dans les duels du défenseur central Aymeric Laporte, né en France et naturalisé espagnol en 2021, et les débordements incessants du latéral gauche Marc Cucurella – nouvelle recrue et seul représentant du Real Madrid (il vient d’y être transféré après quatre années passées à Chelsea) au sein de l’effectif ibérique lors du Mondial – constituent également des atouts.

L’Espagnol Mikel Merino marque contre le Portugal, à Arlington (Texas), le 6 juillet 2026.

Si la sélection espagnole a gagné la bataille du milieu de terrain contre le Portugal, elle le doit notamment à son capitaine Rodri. Elu homme du match par la Fédération internationale de football, le joueur de Manchester City et Ballon d’or 2024 a encore avalé les kilomètres et lustré le jeu de la Roja. « Tous les matches, on va souffrir, ce sont les meilleures sélections du monde, et il y a des moments où tu dois subir, des moments où ils ont des occasions, et d’autres moments où tu dois attaquer, leur faire mal. Pour moi, l’équipe a montré une maturité très importante », a assuré Rodri, dans les entrailles du stade d’Arlington.

Dans le secteur offensif, l’Espagne regorge de diamants bruts. Le plus en vue est le jeune prodige (19 ans) Lamine Yamal, artisan du sacre à l’Euro 2024, qui a donné le tournis à la défense portugaise. Pour Luis de la Fuente, l’ailier du FC Barcelone, « toujours capable de créer le danger » a disputé, lundi, « l’un des meilleurs matchs de sa carrière ».

Cette victoire revêt une dimension particulière dans la mesure où l’Espagne ne s’était plus qualifiée pour les quarts d’un Mondial depuis son épopée triomphale de 2010. En arrivant aux commandes de la Roja, sur les cendres d’un échec lors du tournoi de 2022 au Qatar (élimination en huitièmes), Luis de la Fuente avait pour mission de renouer avec les fondamentaux qui avaient permis à la sélection de marcher sur l’Europe et le monde, entre 2008 et 2012.

Avec un titre continental et une Ligue des nations dans son escarcelle, le technicien est en passe de réussir son pari. « Nous avons les qualités pour que nos adversaires nous considèrent comme l’équipe à battre, s’est félicité le sexagénaire. Nous savons tous que nous avons une fantastique génération de joueurs. Mon équipe continue de grandir et peut être compétitive jusque dans les derniers moments. »

Sous le feu des projecteurs, l’équipe de France de Kylian Mbappé serait bien avisée de ne pas sous-estimer cette Roja version 2026, dont on peine à déceler les défauts. Les deux formations pourraient s’affronter, en demi-finales, à Dallas, le 14 juillet. Les dernières confrontations en date n’avaient pas tourné à l’avantage des Bleus, battus (1-2) par les Espagnols en demi-finales de l’Euro 2024.

[Source : TV5Monde]